Jordane Prestrot - “Liste de photos fantômes” (2022)
À la mort de mon grand-père, j'ai récupéré deux appareils photos lui appartenant. J'ai chargé chacun d'eux avec un film Kodak Color Plus 200 ISO. L'idée : rendre une sorte d'hommage en faisant des photographies avec les appareils du mort.
Avec le Foca Sport 1D qu'il m'avait prêté pendant mon adolescence, pas de problèmes.
Le film chargé dans le Canon EOS 500 ne semble pas avoir été exposé en revanche.
C'est une déception, mais une déception riche de sens. Faire des photographies avec les appareils du mort devait peut-être mécaniquement conduire à des résultats fantômes. Sans doute était-ce avant tout une expérience symbolique.
Comme je suis bien organisé (et probablement un peu maniaque aussi), il me reste la liste de toutes ces photos qui n'existeront jamais. J'essaierai peut-être de transformer cette liste en croquis, j'essaierai peut-être de reconstituer les images de mémoires. J'en fais pour l'instant une œuvre d'art conceptuel que j'intitule “Liste de photos fantômes”.
Deauville, France (2021)
Jordane Prestrot
2022
Haut-Rhin (2014)
Woman skin (2013)
Calderón Hondo, Fuerteventura (2022)
Mixed Media (2011)
Mixed-media (2021)
Comprendre ma musique
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Je n'y connais rien aux étiquettes et pour tout dire, je n'aime pas ça. Je laisse normalement les étiquettes aux marchands de vêtements et aux entomologistes qui épinglent des papillons. Toutefois, au quotidien et face à des gens toujours plus impatients de comprendre et friands du mot-clef qui va résumer (et souvent remplacer) leur appréhension des choses, je suis bien embarrassé de ne pas parvenir à dire quel genre de musique je fais, par exemple. Alors j'ai tracé un tableau où j'ai placé mes principaux enregistrements selon deux grands axes : de gauche à droite, selon qu'ils sont formellement expérimentaux/bruitistes ou mélodiques ; de haut en bas, selon qu'ils aient une dimension personnelle/intime/autobiographique ou qu'ils traitent plutôt d'un aspect plus “collectif” de l'expérience humaine, qu'ils traitent du monde dit “réel” comme des mondes prétendus imaginaires (ou juste archétypaux peut-être) — j'ai choisi, faute de mot plus satisfaisant, le terme “illustratif” pour définir cette polarité de l'axe.
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Jordane Prestrot